On parle de taureaux. Beziers 2016 (IV)

Béziers, baisser de rideau.
Sonate en Rafamiura majeur, à la baguette le maestro Rafaelillo.
Non le toro bravo n’est pas mort.
Il faisait chaud, lourd, ils arrivèrent beaux, lourds et grands les porte- drapeau de la famille: 661-551-546-589-584-601, tous applaudis à l’entrée, ils s’exprimèrent sous la pique, farouches ils vendirent chèrement leur peau, modernes ils affichèrent une certaine noblesse, parcimonieusement certes. Le cinquième ne laissa pas échapper l’occasion d’ajouter une vuelta al ruedo posthume à la longue liste qui honore la famille.

Un seul point noir à la fête: la Présidence ! Comment être aussi borné pour confondre un Garci aussi grande qu’il soit, un del Rìo avec les pensionnaires du jour ? Président tout au long de la Feria ce monsieur devait bien pouvoir évaluer les différences : demande-t-on à un lanceur de poids de lancer la gambette comme sauteur en hauteur ? Non, et pourtant le Rafaelillo du jour la lança la gambette, al natural comme a la manoletina.

Rafaelillo. Castaño y or. Oreille (qui auraient du être deux) et deux oreilles. Le maestro de Murcie démontra, et ce n’est pas nouveau, qu’il est un maestro, parce que torero authentique il sait peut réduire tout adversaire certes, mais en toréant. Pas seulement en balançant de la muleta mais en jouant de la muleta, et avec ce genre de matériau la chose est bien loin d’être aisée, surtout face à un premier prompt à donner de la tête au bout d’un cou comme extensible. Plus encore, en partageant les naturelles avec lui, il fit oublier aux gradins que le second était aussi un Miura.

Mehdi Savalli. Or et turquoise. Pinchazo, estocade un tantinet basse : applaudissement nourris. Estocade majuscule : oreille. Mehdi manque de finesse, de délicatesse, se déplace tel un bûcheron et plus encore. Mehdi courage, banderilles vouloir, il fut tout cela, mais aussi de la puerta gayola aux droitières appliquées, aux naturelles souvent réussies il montra sa volonté de toréer lui aussi. Rafelillo lui fut aiguillon, à lui de l’entendre : il est temps encore de faire carrière !

Lamelas. Bleu roi et or. Estocade et deux descabellos : silence. Grande estocade : silence. Triste bilan ? Que nenni ! Ce serait oublier une belle puerta gayola, ses envies mal couronnées de tenter de toréer lui aussi. La blessure terrible de Mont de Marsan a probablement laissé des séquelles au corps mais l’âme , la foi de Lamelas reste intacte : il le démontra à Béziers.

PS.
Certaines des bandas qui animèrent les rues de la ville quatre jours durant regroupées en piste offrirent une aubade, rythmée, aux aficionados.
22h. Concert de jazz moderne devant la porte principale du Théâtre municipal, tout au haut des Allées Paul Riquet, centre névralgique de la ville. Tout à côté le restaurant de Jean Marc Cordier, les vins de la Negly y sont à déguster.

Jean Claude Lorant-Raze

Deja una respuesta

Tu dirección de correo electrónico no será publicada. Los campos obligatorios están marcados con *