On parle de taureaux. Nimes 2017

NIMES. Dimanche 4 juin après midi .
Un contre six, ce geste il le voulait, il en géra tous les détails, choisit lui-même les élevages à défaut des taureaux: ganaderos amis, éleveurs liés à des triomphes passés, taureaux porteurs d’images d’antan, le millésime anniversaire de l’alternative de Christian Nimeño*, invita à se produire à ses côtés Jean Lou Aillet un jeune arlésien, picador débutant (deuxième corrida), Luc jalabert discret à l’habitude.. Des célébrités, incognito, se coulaient par les tendidos: la terreur des prétoires Me Dupont Moretti, Gérard Jugnot metteur en scène et comédien, Christina Sanchez et tout le ban des subalternes nationaux disponibles. D’autres bien sûr. Le fils de Christian à qui il dédia il dédia la faena du taureau Mostera.
etc…
*J’étais enfant, un jour, nous étions en famille, mon père se leva sans mot dire autre que «  je vais aux obsèques de Christian » .(J.B)
Taureaux par ordre de sortie..
Molinero: La Quinta. Predicador: Parladé. Mostera: Jandilla. Dudanada. Pedraza de Yeltes. Sombreto sobrero de Pedraza de Yeltes: Canastito. Carmen Lorenzo: Tanguillo. Garcigrande: Emisario. Garcigrande.
Rien n’est à reprocher à J. Bautista qui mit en valeur les adversaires qui le méritaient, le justifiaient. Quant à la fatigue légitime elle n’eut d’égale que les déceptions .

Juan Bautista. Costume original créé par Christian Lacroix, chemise rouge discrète dans le gilet, galons de velours noir.
1-Ovation énorme, celle du cœur : rien à voir avec le convenu.
Estocada al recibir, mort subite: deux oreilles après un cours magistral de doma (éducation)
taurine. Obéissance et allégeance. D’un brave et noble partenaire, d’un jour hélas.
2)-Estocade : silence. Piètre cornu avare d’efforts, tempérament réservé.
3)-Pinchazo, recibir. Deux oreilles. Bel adversaire reçu à genoux et honoré d’un luxueux capoteo. Bel engagement sous la pique, en particulier donnée sous la présidence (le p minuscule se justifie pour n’avoir rien vu de la qualité d’un taureau qu’il aurait fallu honorer d’une vuelta posthume alors que les gradins ovationnaient la prestation d’un autre jeune piquero. Tercio de banderilles varié à compte du maestro. Faena au ralenti dans un silence absolu soutenu par le remarquable orchestre Chicuelo. Le tout : un énorme moment de tauromachie.
4 bis)- Sombreto. Demi épée. Avis descabello : ovation et saluts. Plus grand que fort le Pedraza s’entendit fort bien avec le torero : les gradins commençaient-ils à peiner ?
5) Canastito. Pinchazo, media estocada : ovation et saluts. Manso du début à la fin, Juan le poursuivit jusqu’en enfer ou presque, parvint à le boucler pour l’abattre
6) 6bis. Emisario, si faible qu’on fit seulement semblant de le piquer. On comprend la déception occasionnée à l’animal déjà convaincu que les verts espaces du domaine familial n’attendaient plus que lui, elle fut à la hauteur des espoirs entretenus pour un triomphe absolu. Estocade : silence.
Jean Claude Lorant-Raze