On parle de taureaux. Arles. Pâques

Arles dimanche 16 avril en Arles : dimanche de Pâques, novillada matinale.
Basée sur le chocolat, la tradition française, hormis les célébrations religieuses, est plus particulièrement destinée aux enfants. Autrefois, dans les jardins, les greniers ou les caves les parents cachaient des œufs peints, décorés et les petits devaient sortir, chercher, trouver les œufs-trophées disséminés ici et là. Aujourd’hui les mêmes ascendants achètent œufs, cloches et poules, lapins en chocolat élaborés dans les ateliers et usines, les cachent encore pour certains, les offrent pour la plupart et …à table. En fait, ce n’est pas le chocolat qui fait grossir c’est le manque d’exercice lié à la disparition de la tradition.
Enfin, le dimanche matin de Pâques est consacré à la novillada pour que les meilleurs espoirs supposés s’y mesurent, que les nouvelles promesses et talents supputés nous régalent de leurs talents en boutons s’oubliant au fond d’eux-mêmes. Fidèle à la tradition l’empresa Juan Bautiste présentait donc sa novillada mais différemment. Six élevages installés autour d’Arles soit un minuscule territoire pour trois gamins porteurs de toutes les illusions, nés entre Arles et Nîmes soit moins de trente kilomètres. Andy Younes d’Arles et Tibo Garcia de Nîmes étaient les favoris de la rencontre, les gradins les attendaient comme Napoléon espérait Grouchy à Waterloo. Comme à Waterloo ce fut Blucher, Adrien Salenc en l’occurrence .
Chez les quadrupèdes ruminants ce fut Artesano ( Marie Sarah) qui fut déclaré triomphateur du jour, Salenc s’imposant chez les bipèdes.
Andy Younes. Chocolat noir et or. Pinchazo , estocade : oreille. Plusieurs pinchazos , avis : silence, silencieux. L’arlésien avec ce rappel à l’ordre devrait repartir de plus belle à l’assaut de l’alternative ayant compris qu’ être et paraître s’ils ne sont pas antinomiques, s’ils sont à la mode ne portent pas obligatoirement toutes les vérités .
Tibo Garcia. Aubergine chocolatée et or. Descabellos trop nombreux entourant l’avis : silence. Estocade , deux descabellos : quelques applaudissements. Autre déception.
Adrien Salenc. Abricot et chocolat enveloppé d’or. Estocade : oreille. Estocade : deux oreilles. Une découverte, en ce qui me concerne que ce petit nîmois au cœur gros comme ça, que rien ne rebute, pas plus les erreurs que les coups, qui déborde d’envies et d’être. Certes il ne sera pas un nouveau Machìno, un autre Curròn mais, pour le moment il est lui, et sacrément lui : gagneur, batailleur, meneur, débordant de vie et d’envies, d’autorités , respectueux dans le desplante, contraignant aussi : enfin, Adrien Salenc est à suivre. De près. Très près.
Jean Claude Lorant-Raze