Donde hay cuernos, estuvo Cano
‘’ je considère avoir atteint un âge où je m’accorde seul le droit de travailler jusqu’à ce que le chef du haut me sollicite pour m’occuper des grands reportages, tu sais ceux de l’éternité’’.
Voilà, c’est chose faite depuis ce matin 27 juillet. Hospitalisé, à son grand dam il n’a pas assisté à l’énorme faena du petit Roman en fin de feria de San Jaime. Son grand chef n’a pas lésiné pour s’assurer ses services : le décès de son épouse, deux pneumonies consécutives, un descabello au cœur : à bientôt 104 ans dur de s’en remettre. !
Cela ne s’invente pas, il demeurait à Valencia rue Maestro Guerrero, lui le maître incontesté de la photographie taurine des deux derniers siècles, le plus célèbre, si célèbre que lors de ses expositions son nom figurait aux côtés des maestros, des personnalités qu’il emprisonnait dans ses boites
D’Hemingway à Espla, de Luis Miguel à Ava Gardner, d’Orson Welles à Ponce, Manolete, il fut l’ami de tous au travers du temps. Boxeur, professeur de tennis, maître nageur, espontaneo emprisonné à Alicante, sa ville natale. A Valencia il toréa au profit des Républicains, les franquistes voulurent sa peau… il fit ses valises pour Madrid où il prétendit supplanter Manolete. Recherché par les Républicains pour traîtrise il y vécut caché par une dame dans une soupente. Déjà les dames. Orage passé il reprit les trastos, poursuivit trois ans durant ses chimères toreras, réalisa ses premiers clichés, inventa le télé objectif qu’il ne fit pas breveter…les journaux spécialisés l’enrôlèrent : il troqua le matériel taurin pour la casquette blanche, plus tard frappée au 18.12.1912. Les **** vinrent ensuite.
Des regrets ? ‘’ Un, je n’ai pas réussi à devenir la figura que je rêvais’’
Malicieux, les repas qu’il présidait, chez nous, sur la terrasse dominant la mer étaient un plaisir à chaque fois renouvelé. Il excellait dans l’anecdote et il en avait en réserve, par avance il s’excusait d’un regard de chat, les yeux mi clos, de la croustillance de quelques détails que Maruja son épouse, admirative et protectrice subissait en silence. Excellente fourchette, bon goûteur il aimait la table que nous leur proposions en compagnie du duo des Paco Picò et Dominguez, Monique. Il avait fait son choix : soupe de poisson et huitres aux r revenus de septembre, foie gras /magret en mars. Armagnac ou poire à chaque saison. A table, en route l’appareil photo patientait dans la poche mais aux aguets : il dégainait tel un félin, surprenant.
Plus de dix mille corridas. Plus d’un million de photos et une ultime facétie :‘’j’ai fait peu de photos avec mes appareils : il fallait que le toro soit bon. Le torero aussi’’
Un abrazo, Cañito, y hasta siempre.
Jean Claude Lorant-Raze









