Le millésime 2017 que proposera le Provençal Palio * offre à la fois continuité, inventivité et, pour une fois en France, une part méritée aux maestros indiscutables nés de ce côté ci des Pyrénées.
La présence de Thomas Joubert Tomasito peut surprendre les aficionados espagnols, ils n’ont rien à craindre, grands frissons (escalofrìos) exceptés. Suite à un terrible drame familial il suspendit une carrière promise à de grands espoirs. Le voilà revenu, aussi impénétrable qu’imperturbable, celui qui se veut maître de lui comme de l’univers.
Sans chauvinisme aucun, ce n’est pas ma tasse de thé, Lea Vicens joue dans la cour des plus grands, sa rencontre avec le patron, PH Mendoza, lors du rejòn d’or de Méjanes en juillet 2016 en atteste. S’il lui arrive parfois d’éprouver des difficultés lors de la mise à mort, mise en confiance elle sait exprimer un comportement débordant largement de la féminité attendue pour expédier sans pardon.
Juan Bautista est la figura de la tauromachie française. Il a triomphé de la plupart des grandes arènes lors de la saison passée sans jamais bénéficier des hordes glapissantes, hurlantes, chauvines, aveugles des bataillons supporters confondant foot-ball et tauromachie. Lors de la temporada passée, alors que sa tauromachie reste encore à s’épanouir il collectionna plus de trophées que le plus acharné des entomologistes…
Bien sûr Ponce l’icône, Castella, Manzanares, Talavante, Roca Rey…mais l’émotion entre craintes et souvenirs naîtra du retour de Mr El Fundi pour le gala de clôture. Déjà dans la placita de Los Sentimientos, chez LF Espla il avait montré que l’implacable poignet ne demandait qu’à vivre de nouvelles aventures ; en septembre dernier, alors que son ami héros de la Goyesque hoquetait de pointe en mufle, le premier dans l’arène et à cuerpo limpio il statufia l’agresseur permettant d’assurer la sécurité du blessé
En clair, quels cartels, quel extraordinaire baisser de rideau au Palio 2017 !
*Palio : el coso provenzal de Istres
Jean Claude Lorant-Raze









